
Comment l’information circule dans notre corps ?
Emotions, neurones, cerveau… qu’est-ce qui nous connecte à notre environnement et à nous-même ?
Comment l’information est-elle traitée par notre cerveau ?
Nous voyons un tablette de chocolat (ou autre chose que nous aimons manger) : notre bouche se remplit de salive. Parce que nous avons déjà mangé du chocolat, que cela nous procure une émotion agréable (plaisir), et notre corps se prépare à revivre cette émotion agréable et à commencer la prédigestion de ce chocolat.
La réaction entre l’évènement (tablette) et le comportement (salivation) est très court, presque intantané.
Pourtant dans ce laps de temps le cerveau a interrogé nos sens (vue, odorat…), notre mémoire (« Mmm, c’est du chocolat ! ») et enclencher un mécanisme adapté (salivation).
La réaction est très rapide car ce chemin de l’information (tablette)/réaction(salivation), nous l’avons déjà utilisé de multiples fois.
Que se passe-t-il si la tablette de chocolat est piègée, et n’a en fait pas goût de chocolat, mais de quelque chose que nous détestons (imaginons qu’elle soit fortement poivrée ou pimentée, si ni n’aimons pas piquant, par exemple) ?
Comme nous n’avons pas encore goûté, notre cerveau enclenche le mécanisme de salivation, mais là, beurk, nous n’apprécions pas du tout ce que nous avons dans la bouche.
Répété un certain nombre de fois, le cerveau (la zone de la mémoire) finira par associer la vue et l’odeur de la tablette à une sensation désagréable, et le cerveau ne plus enclencher le mécanisme de salivation associé au plaisir.
C’est cela la plasticité cérébrale.
L’information, pour circuler dans le corps, utilise tout un réseau de neurones, pour apporter l’information jusqu’aux zones du cerveau qui fonctionnent en synergie (sens, mémoire, système cognitif, cerveau reptilien), et d’autres réseau pour faire redescendre l’information vers les organes, les muscles, les os, la peau…
Si un chemin, constitué d’un ensemble de neurones, est souvent emprunté, il devient comme une autoroute: l’information circule vite et le comportement adapté est presque instantané. A l’inverse, si ce chemin est de moins en moins emprunté, il devient comme une piste dans la forêt qui, de moins en moins utilisée, se réduit à un petit sentier, puis finit par disparaitre dans la végétation.
C’est la même chose avec la tablette de chocolat pimentée : le réflexe de salivation disparaît car le chemin disparaît.
Mais si l’on nous propose un autre objet agréable à manger, que nous ne connaissons pas encore, en le goûtant (en l’expérimentant), nous enregistrons une sensations positive, et notre corps commence à produire de la salive, et plus nous répétons l’expérience, plus la réaction est à nouveau rapide et instinctive.
Mécanismes de déshabituation et d’habituation
C’est le mécanisme que nous utilisons en sophrologie, pour détourner le corps de la douleur par exemple. Une douleur importante ou chronique va créer un chemin neuronal qui nous invite à nous intéresser à cette douleur pour adopter le comportement qui la fera cesser. Mais il n’est pas toujours possible de se délier de ce qui cause la douleur, qu’elle soit physique (blessure…) ou psychique (dépression, deuil, colère…). Lors des séances, nous allons détourner l’attention de notre cerveau, pas pour l’induire en erreur ou dans l’illusion (nous n’allons rien « imaginer »), mais en portant notre attention sur d’autres mécanismes de notre corps, en utilisant quelques mouvements simples, les sensations perçues, pour renforcer d’autres schémas neuronaux que celui qui impacte notre qualité de vie. C’est la même chose pour les émotions, même complexes : pour contrebalancer une situation qui engendre une souffrance psychique ou un inconfort, nous procédons par paliers pour créer ou renforcer un schéma neuronal existant vers quelque chose de plus propice, soit en proposant une expérience nouvelle (avec le sens du toucher par exemple), soit en renforçant l’accès à des zones de la mémoire où nous avons tous des références positives.
Le processus est accompagné de manière individualisée et évolutive, pour s’adapter à chacun car si nous sommes tous construits de la même manière, nous sommes tous différents par la manière dont nous nous sommes construits, nos souvenirs, nos intentions, nos références, et le processus respecte cela.
Ainsi au fur et à mesure des séances, ce qui est douloureux s’apaise (chemin moins emprunté : la piste se perd dans la végétation nouvelle), et ce qui est plus confortable et améliore notre qualité de vie se renforce. Mieux : nous apprenons à utiliser cette ressource, cette capacité du vivant, notre plasticité cérébrale pour améliorer notre existence.
Ce mécanisme participe à nourrir un mouvement de vie perpétuel, une force existencielle qui est profondément en nous, structurelle, et qui ne nous abandonne jamais.
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